Quelques mots


sur…


Marshall B. Rosenberg


& la


Communication NonViolente















Mai 2004

En partant du constat de notre réalité actuelle, que peut nous offrir l’utilisation de la Communication NonViolenteSM ?


Il suffit aujourd’hui d’ouvrir les journaux, d’écouter la radio ou de regarder la télévision pour se rendre compte que le sentiment général d’insécurité va croissant.


Cela se manifeste partout, dans les écoles, tant parmi les élèves que parmi les enseignants (racket, irrespect, détérioration du matériel, etc.), dans les familles (divergence de valeurs concernant l’éducation des enfants, perte de repères par rapport aux limites, etc.), dans les quartiers (vols, agressions, etc.), entre les pays ou régions (guerres ethniques, économiques, etc.)…


Face à cette réalité et à ce qu’il perçoit comme insécurisant, l’être humain a tendance à réagir le plus souvent de deux façons : par l’agressivité – parce qu’il se défend ou se rebelle –, ou par la fermeture et la soumission – parce qu’il a peur et cherche à se préserver ou à nier ce qui l’effraie.


Si l’agressivité est fréquemment dénoncée, on réalise moins souvent combien la peur nous amène à prendre des mesures qui ne font qu’accroître l’isolement et la méfiance entre les personnes. Ainsi, on voit certains lycées en France, mais aussi en Suisse, s’entourer de grillages qui les font ressembler à des casernes, l’accès de nos immeubles ne se fait désormais plus que rarement sans code d’entrée, dans les familles on fuit le dialogue plus qu’on ne le recherche… 

Enfin, chacun de nous est susceptible, même inconsciemment, de se couper de ses émotions pour éviter de ressentir trop de souffrance devant une réalité qui lui semble intolérable et face à laquelle il se vit comme de plus en plus impuis-sant… C’est ainsi que de façon imperceptible, nous nous engageons dans un cercle vicieux qui nous ramène soit à la colère (explosion), soit à l’enfermement sur soi (implosion), dans une forme d’absence et de passivité.


Face à cela, est-ce que cet art du dialogue appelé ‘Communication NonViolente’ peut nous aider ?


La Communication NonViolente est basée sur les prémisses suivantes :





La Communication NonViolente va donc nous inviter à tenter une troisième option, autre que l’agression ou le repli : celle de la coopération. Certes, l’agres-sivité libère et procure un soulagement à court terme. Quant à la fermeture, elle donne provisoirement l’idée qu’on est à l’abri. Cet agrément cependant est d’un tout autre ordre que celui que nous éprouvons lorsque, de notre plein gré, nous collaborons avec d’autres ou faisons plaisir à quelqu’un.


Selon Marshall Rosenberg, il est dans notre nature profonde d’aimer cela par-dessus tout. Quel enfant ne nous l’a pas démontré en venant joyeusement nous dire : « Tiens, je t’ai fait un dessin ! ». Son cadeau est gratuit, l’enfant n’attend rien d’autre que de contribuer à notre contentement. Des années plus tard, nous retrouvons en nous le même élan de générosité que cet enfant-là. Ne nous sentons-nous pas en effet plus heureux d’avoir permis à quelqu’un de nous comprendre plutôt que de l’avoir injurié ? Ou d’avoir permis à deux de nos collègues de se réconcilier plutôt que d’avoir fait le choix de nous détourner de leur conflit ?


S’il existe de multiples façons de favoriser l’émergence du goût pour la coopé-ration chez l’être humain, la spécificité de la Communication NonViolente est d’utiliser, pour ce faire, le langage. Par une attention portée aux mots et à ce qu’ils cachent ou révèlent, se développe en nous une conscience des choix qui sont les nôtres face à ce qui nous arrive.


Si, par exemple, quelqu’un nous traite d’imbécile, nous avons différents choix : le choix de l’insulter en retour, de nous sentir blessé ou vexé, de nous en aller, ou encore – et c’est là ce qu’on apprend en utilisant le processus de Marshall Rosenberg – de nous arrêter un instant pour respirer et nous rappeler très vite que l’autre ne parle toujours que de lui et de ses besoins insatisfaits, même et surtout quand il paraît nous accuser. Ainsi nous nous dirons peut-être : « D’ac-cord, j’ai pris ses paroles contre moi, c’est un réflexe… mais que cherche-t-il à me dire de lui ? Visiblement il est mécontent… peut-être aurait-il aimé plus de considération pour son point de vue ? » Le simple fait de chercher à comprendre la vraie motivation de la personne qui, en apparence, nous attaque, contribue à nous rendre moins vulnérable à ce qui était censé nous atteindre. Ainsi, nous pouvons créer un espace où la rencontre demeure possible.


Cela ne s’apprend pas en un jour… Mais les principes de base sont si simples qu’on les saisit en très peu de temps. Il n’y a plus, ensuite, qu’à s’exercer pour faire ce qui est préconisé, c’est-à-dire placer son attention d’une façon qui ne soit dom-mageable ni pour soi ni pour l’autre et qui va alors permettre d’ouvrir le dialogue, afin de trouver des solutions créatrices pour satisfaire les besoins de chacun.


Présentation de Marshall B. Rosenberg et du Centre pour la Communication NonViolenteSM



« J’ai été frappé par le rôle déterminant du langage et de l’usage que l’on fait des mots. J’ai depuis lors défini un mode de communication – d’expres-sion et d’écoute – qui nous permet d’être généreux et de trouver un contact vrai avec nous-mêmes comme avec autrui, laissant libre cours à notre bien-veillance naturelle. C’est ce que j’appelle la ‘Communication NonViolente’… Car bien que nous puissions avoir l’impression que notre façon de parler n’a rien de violent, il arrive souvent que nos paroles soient source de souffrance pour autrui et pour nous-mêmes. »

Marshall B. Rosenberg


Né en 1934, Marshall Rosenberg a grandi à Détroit, dans le Michigan. Au moment où sa famille s’établissait dans cette ville, des tensions raciales dégénérèrent en émeutes qui firent plus d’une quarantaine de victimes. Quelques semaines plus tard, lors de la rentrée scolaire, il découvrit à son insu qu’ « un patronyme pou-vait être aussi préjudiciable qu’une couleur de peau », lorsque certains de ses camarades prirent l’habitude de l’attendre à la sortie des cours pour le tabasser parce qu’il était à leurs yeux un « sale youpin »…


C’est à partir de ces événements que la quête de Marshall Rosenberg a débuté. Il n’eut de cesse de trouver un mode d’expression qui supprimerait la nécessité de recourir à la violence. Il reçut en 1961 le titre de docteur en psychologie clinique de l’université du Wisconsin et se vit accorder cinq ans plus tard la plus haute distinction du Jury américain de psychologie professionnelle. C’est également en 1966 (il travaillait alors comme médiateur dans des conflits entre des militants en faveur des droits civils et des institutions engagées à supprimer toute ségrégation raciale) qu’il fonda le Centre pour la Communication NonViolente, organisation à but non lucratif destinée à promouvoir cet art du dialogue invitant à une bienveillance mutuelle.


Actuellement directeur pédagogique du Centre qu’il a fondé, Marshall Rosenberg, avec ses confrères, a fait connaître le processus de la Communication NonVio-lente à des dizaines de milliers de personnes dans une quarantaine de pays – y compris des pays en guerre – et sur les cinq continents. Ces formatrices et formateurs s’adressent à des publics extrêmement variés : pédagogues, élèves et étudiants, parents, dirigeants et personnel d’entreprise, professionnels de la santé physique et mentale, avocats, juges, prisonniers, agents de police, ecclésiastiques, etc.



A l’heure actuelle, il y a en Suisse onze formatrices et formateurs agréés par le Centre pour la Communication NonViolente, dont six vivent en Suisse romande.


Interview :


Pourquoi faites-vous ce métier de formatrice en Communication NonViolente ?


Hélène Domergue-Tappolet : « A 47 ans, forte de mon expérience passée, j’ai trouvé qu’une bonne manière de donner du sens à ma vie est de mettre mon énergie à développer la paix en moi et autour de moi. »


Qu’est-ce que la Communication NonViolente a changé dans votre vie ?


Jean-Philippe Faure : « Elle m'a aidé à être moins sur la défensive quand quel-qu'un croit avoir un conflit avec moi, à essayer plutôt de voir sa souffrance et de me relier à la vie en lui. Elle m’aide à vivre plus d'honnêteté vis-à-vis de moi et à me laisser surprendre par la vérité de mes émotions. »


Laurence Reichler : « L’outil de la Communication NonViolente, qui me permet entre autres une compréhension du fonctionnement psycho-social de l’être humain, a engendré plus de sérénité dans ma vie et celle de mes proches. Dans mon rôle d’enseignante, j’observe la puissance de ce processus de communication à créer un climat de classe propice à l’apprentissage. »


Quel est le plus grand défi auquel vous êtes confrontée dans votre travail ?


Anne Bourrit : « Pour moi, c’est de rester reliée à une vision à long terme, afin de parvenir à vivre les difficultés rencontrées comme des occasions d’apprendre plutôt que comme des échecs et les résultats fructueux comme une chance d’alimenter ma ténacité et ma confiance plutôt que comme des succès personnels. »


Qu’est-ce que la Communication NonViolente vous apporte que vous ne trouveriez pas ailleurs ?


Laurence Bruschweiler : « Une qualité de relation avec mes coéquipiers, un soutien mutuel, une volonté d’avancer ensemble et d’apprendre, y compris de nos erreurs et des difficultés que nous vivons entre nous. »


Fabienne Rauch : « La Communication NonViolente m'apporte un lieu d'espoir. Par son biais, je côtoie des personnes désireuses d'améliorer leur relation à elles-mêmes et aux autres. Ceci me soutient et me donne confiance dans la perspecti-ve d'un monde meilleur où chacun puisse s'épanouir dans le respect de l'autre. »

Ce que Marshall Rosenberg a dit…




« La Communication NonViolente n’est pas une langue, elle n’est pas une affaire de mots ; c’est une attitude qui nous permet de rejoindre un courant d’énergie à partir duquel il est possible de donner du plus profond de son cœur. Et donner du fond du cœur n’est pas une affaire de culture. Plus je voyage, plus je découvre de nouvelles cultures et plus je suis convaincu que cela fait simplement partie de la nature humaine. J’ai été extrêmement touché de constater le nombre de fois où j’ai été l’objet de cette générosité.


Je suis donc convaincu qu’il s’agit d’un processus naturel. Mais il est certes possible, dans certains contextes, que quelque chose interrompe ce courant et rendre plus difficile de parvenir à s’y engager ou de se laisser porter par lui. La Communication NonViolente n’est donc qu’une manière de se rappeler tout cela, de se rappeler où mettre notre attention afin que ce flot, qui est naturel, puisse s’écouler librement.


La Communication NonViolente est une façon de nous rappeler où nous voulons mettre notre attention. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il faille employer certains mots à des moments spécifiques.


Alors, me direz-vous, pourquoi passer tant de temps à travailler sur les mots ? Je ne connais pas d’autre moyen d’amener l’attention des gens là où j’ai envie qu’elle soit, si ce n’est en rendant clairs les observations, les sentiments, les besoins et les demandes qui, tous, font partie de ce courant. Quand nous sommes reliés à ce niveau-là, le flot se répand tout seul. »


(Propos recueillis lors d’une session intensive à Wépion, en Belgique - août 1996)




Quels sont les besoins que vous considérez comme fondamentaux ?


« Ce dont on a réellement besoin pour vivre une vie épanouissante n’est pas si compliqué. Il y a trois catégories principales : les besoins liés au maintien de la vie, nourriture, abri, etc. ; les besoins sociaux, de contact ; et les besoins spirituels, ou le besoin de sens. Les autres besoins dérivent de ceux-ci. Ainsi par exemple, c’est du besoin d’être en lien que viennent les besoins d’honnêteté, de respect, de compréhension et d’amour.


Le monde a énormément de ressources pour satisfaire les besoins de chacun, mais lorsque les gens deviennent conscients de leurs vrais besoins, ils font de mauvais consommateurs. Notre économie réclame de nous que nous croyions avoir besoin d’une Rolex, d’une Lexus ou d’un McDo. Mais il ne s’agit pas là de besoins, il s’agit de stratégies. Et le style de vie que ces stratégies engendrent fait que beaucoup de besoins réels sont laissés pour compte. Nous avons besoin de contact, mais les membres d’une famille américaine moyenne regardent la télévision dans des chambres séparées, sans même s’adresser la parole.


Je crois que nous serions bien plus heureux en vivant plus simplement. Lors de la guerre du Vietnam, comme je ne voulais pas que mes impôts servent à payer les bombes qu’on larguait sur des villages, j’ai donné mon argent à des œuvres de bienfaisance et vécu avec un revenu minimum. C’est l’une des meilleures choses que j’aie jamais faites. Il y a eu certains mois où je me suis inquiété de savoir comment j’allais payer mon loyer, alors j’ai fait le chauffeur de taxi pour gagner un peu plus, mais je n’en étais pas moins heureux. »


Il est facile de désespérer quand on se demande comment soulager les problèmes du monde. Avec votre expérience de médiateur dans les situations de conflits, comment parvenez-vous à conserver votre foi en l’humanité ?


« Je travaille sur toute la planète avec des gens si pauvres qu’ils ne savent pas d’où viendra leur prochain repas et avec des gens qui ont plus d’argent que ce qu’ils parviendront jamais à dépenser. Où que j’aille, je découvre que lorsque les gens sont dans ce que j’appelle ‘leur état naturel’, il n’y a rien qu’ils aiment davantage que de contribuer au bien-être d’autrui. »

[…]


Est-ce que votre modèle de Communication NonViolente est quelque chose que les communicateurs doués pratiquent naturellement ?


Je suis sûr que les gens communiquent de cette façon naturellement. J’ai développé ce modèle en observant des personnes que je respectais et en leur demandant comment elles parvenaient à être efficaces quand d’autres s’emberlificotaient dans toute la déraison ambiante. Quand on regarde de près ce processus, on se rend compte que tout le monde le connaît déjà. Il ne faut que de la bienveillance et de l’honnêteté. Rien de neuf. J’ai simplement tenté d’être concret quant à la manière d’apprendre à vivre bien. […] En fait, j’essaie simplement de raviver dans les mémoires des enseignements qui existent depuis la nuit des temps. »


(Extrait d’une interview réalisée par Vishvapani

pour la revue Dharma Life, Grande-Bretagne – avril 2003)




« Pour vous montrer le genre de confusion qui se produit lorsque les gens emploient le mot ‘amour’ sans savoir trop clairement ce qu’ils entendent par là : lorsque je donnais des consultations privés, avant d’entreprendre le genre de travail que je fais maintenant, je recevais beaucoup de gens très déprimés dans mon cabinet. J’avais avec eux un dialogue qui ressemblait souvent à ceci. Après avoir compris et reçu en empathie la profondeur de leur dépression, je leur posais une question très importante dans notre programme de cours, la question évidente : ‘Que voulez-vous ?’ Je leur disais : ‘J’entends à quel point vous êtes déprimé/e. Maintenant, j’aimerais savoir ce que je pourrais faire ou dire afin de vous aider. Qu’est-ce que vous aimeriez ?’


La plupart du temps, ils répondaient quelque chose comme : ‘Je ne sais pas ce que je veux.’ Et je rétorquais : ‘Lorsque vous m’avez dit combien vous étiez déprimé/e, j’ai deviné qu’il en était ainsi, parce que j’ai une théorie au sujet de la dépression : je crois qu’elle vient du fait qu’on n’obtient pas ce qu’on veut. Et on n’obtient pas ce qu’on veut parce qu’on ne nous a jamais appris à obtenir ce qu’on veut. On nous a appris à être de bons petits garçons et de bonnes petites filles. Si vous voulez continuer à être un bon petit garçon ou une bonne petite fille, habituez-vous à être déprimé/e. Cela va avec le rôle. Mais si vous souhaitez sortir de la dépression et vous sentir vivre, cela va nécessiter d’être au clair avec ce que vous voulez. Qu’aimeriez-vous donc ?’


Maintenant, nous retrouvons ce fameux mot ‘amour’. Très souvent, j’entendais en réponse : ‘J’aimerais juste être aimé/e. Est-ce trop demander ?’ Je répondais : ‘Cela dépend de ce que vous entendez par aimer. Que voudriez-vous que les gens fassent quand vous dites que vous voudriez être aimé/e ?’ A ce stade, ils paraissaient très ennuyés et marmonnaient : ‘Mais… vous savez bien !…’ Je répliquais : ‘Non, je ne sais pas. Je ne sais pas quel sens donner à ce mot et je doute fort que d’autres le sachent. Donc tirons cela au clair : que voulez-vous ? Par exemple, que voudriez-vous que je fasse juste maintenant pour vous montrer que je vous aime ?’ Ils réagissaient avec agacement : ‘Ecoutez… c’est difficile à dire.’ Et moi : ‘Si c’est difficile à dire pour vous, pouvez-vous voir à quel point c’est difficile à faire  pour moi et pour les autres ?’ En fin de compte, quand ils commençaient à distinguer ce qu’ils entendaient par le terme amour, leur visage prenait une expression embarrassée. Et cette expression m’indiquait qu’ils commençaient à y voir clair. Je reprenais alors : ‘Bon alors, qu’est-ce que voulez lorsque vous dites que vous aimeriez être aimé/e ?’ La réponse était à peu près : ‘Marshall, lorsque je dis que je voudrais que vous et les autres m’aimiez, je souhaite que vous deviniez ce que je veux avant que je le sache moi-même et je veux que vous le fassiez toujours.’ Voyez-vous, c’est souvent le genre de définition que les gens portent en eux sans même en avoir conscience, lorsqu’ils emploient le mot ‘amour’.


[…]


Je faisais ensuite prendre conscience aux gens que la plupart d’entre nous avons appris à définir l’amour d’une manière telle qu’il est impossible de l’obtenir. Ensuite, je leur proposais de considérer que l’importance de ce dont il s’agit est telle que nous avons besoin de clairement le définir en termes de quelque chose que nous pouvons obtenir. Sur ce point, j’en arrive à ce que j’offre dans mon enseignement : la proposition que nos relations seront beaucoup plus pleines et profondes si nous et nos partenaires définissons l’amour comme je le suggère, c’est-à-dire : l’amour consiste à nous révéler ouvertement. Et ceci, sans exigence quant à ce que nous demandons. Nous exprimons ouvertement ce que nous ressentons, de quoi nous avons besoin, mais le besoin n’est pas exigence de ce que nous souhaitons. Et l’autre moitié de l’amour se manifeste quand l’autre personne s’ouvre et révèle ses besoins. Il s’agit alors, non pas nécessairement de faire ce qui est demandé, mais de recevoir avec exactitude ce qui a été dit. Et ma conviction est que les gens qui peuvent communiquer ainsi ont une bien meilleure chance d’avoir une relation d’amour épanouissante. »


(Extrait d’une interview réalisée par Guy Spiro

pour The Monthly Aspectarian, Chicago – avril 1992)




« Ces 35 dernières années, mes collègues et moi-même avons travaillé à travers le monde pour aider à résoudre des conflits entre gangs, groupes ethniques, tribus et régions en guerre. Nous avons constaté maintes fois que, d’une part, les actions motivées par le désir de punir engendrent des mesures de représailles de la part de ceux que l'on punit et, d'autre part, que des actes motivés par un désir de paix engendrent des actes de paix. Dans les deux cas, ces actes sont à l'origine de cycles pouvant durer des années, des générations, des siècles.


Moi-même et d'autres membres de mon organisation avons travaillé avec des personnes combattantes au Rwanda, au Burundi, en Sierra Leone, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Serbie, en Croatie, en Israël et en Palestine. Notre expérience nous a enseigné que l'on peut aboutir à une paix et à une sécurité véritables, même si tout laisse croire le contraire, à la condition que les gens soient capables de percevoir "l'humanité" de ceux qui les attaquent. Et ceci exige de nous quelque chose de bien plus difficile à réaliser que de tendre l'autre joue ; il s'agit de donner de l'empathie pour les peurs, les blessures, les rages et les besoins humains inassouvis qui sous-tendent les attaques en question.


Notre travail a pour but d'aider les gens à apprendre à être empathiques avec les besoins et les préoccupations d'autrui et à commencer à percevoir que "l'autre camp" est tout simplement un groupe d'êtres humains qui tentent de se protéger et de satisfaire leurs besoins. Nous avons vu la haine et le désir de punir se transformer en espoir – quand les gens recevaient de l'empathie de la part de ceux-là mêmes qui avaient assassiné leurs familles. Nous avons vu les auteurs d'actes violents manifester des regrets sincères à propos de ce qu'ils avaient fait - après avoir reçu de l'empathie de ceux qui avaient été violentés par leurs actions. Nous avons vu, de part et d'autre, des êtres humains lâcher leur désir de se punir et, ensuite, oeuvrer ensemble pour faire en sorte que les besoins de tous soient comblés. Nous avons vu d'anciens ennemis créer ensemble des programmes ayant pour but de réparer les dégâts qu'ils s'étaient infligés et d'assurer la sécurité des générations à venir.


[…]


S’il existe une réponse au vaste problème qui se pose à nous, elle consiste à chercher des solutions qui répondent aux besoins de toutes les personnes concernées. Ceci n’est pas un idéalisme utopique. J’ai vu de telles solutions être créées – maintes et maintes fois – de par le monde. »


(Extrait d’une déclaration faite à La Crescenta, Californie – septembre 2001)




Lectures recommandées et informations utiles :



De Marshall B. Rosenberg


Les mots sont des fenêtres (ou des murs)

Introduction à la communication non-violente


Editions Jouvence, 1999


De Marshall B. Rosenberg


La Communication Non Violente au quotidien


Editions Les Pratiques Jouvence, 2003


De Marshall B. Rosenberg


Life-Enriching Education


PuddleDancer Press, 2003 (à paraître en français)


De Thomas d’Ansembourg


Cessez d’être gentil, soyez vrai !

Etre avec les autres en restant soi-même


Editions de l’Homme, 2001


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Adresse du Centre pour la Communication NonViolente aux Etats-Unis :


The Center for Nonviolent Communication

2428 Foothill Blvd, Suite E

La Crescenta, CA 91214, USA


Tél. : +1-818-857-9393

Fax : +1-818-857-1424

E-mail : cnvc@cnvc.org

Site web : www.cnvc.org


Association pour la Communication NonViolente (ACNV)

13 bis, bd Saint Martin - F 75003 Paris

tél : (33) 01 48 04 98 07 - fax :(33) 01 42 72 01 31

courriel : acnvfrance@wanadoo.fr

site internet : http://nvc-europe.org/france

Association romande des formateurs en Communication NonViolente :

Clair Val 8

1023 Crissier

Tél. 021 635 18 77

E-mail : cnvsuisse@hotmail.com

Site web : http://nvc-europe.org/suisse


En Belgique : Université de Paix

Boulevard du Nord, 4 - B 5000 Namur

tél : (32) 81 55 41 40 - fax : (32) 81 23 18 82

courriel :
cnvbelgique@skynet.be

Site web : http://nvc-europe.org/belgique